Fées, sirènes et jardins minéraux
Mes pièces viennent de deux endroits : une forêt, et un conte.
La forêt d’abord. C’est le décor que je reconstitue le plus souvent, et toujours par le haut où les feuilles flottent dans les airs et essayent d’atteindre le ciel, mais trop petites et trop fragiles pour y parvenir. Je reste humble face à l’Univers.
Le choix des pierres comme perles de vignes ou les perles d’eau douce et perles en cristal pour les grappes et les floraisons assure l’immortalité de mes œuvres.
Le tronc tortueux, les branches qui s’enlacent comme les lianes les racines à l’infini. Je recherche peut-être mes racines lointaines…
Un arbre de perles ne se construit pas comme un vrai : on commence par les fleurs!
Ce que je cherche dans la jungle et le sous-bois, ce n’est pas la lumière franche. Ce sont les ombres, les reflets de l’eau, la nuit sombre, la pleine lune et les étoiles. Une perle ne rend jamais aussi bien qu’à contre-jour, quand elle cesse d’être un objet pour devenir un point de lumière.
Le conte ensuite. J’assume complètement ce monde imaginaire : les fées, les sirènes, les créatures fantastiques. Ce ne sont pas des thèmes décoratifs, c’est une manière de regarder. Une sirène explique pourquoi un collier doit ruisseler plutôt que tomber droit. Une fée explique pourquoi une couronne doit avoir l’air de s’être posée là toute seule.
Entre les deux, il y a le jardin minéral. C’est le nom que je donne à mes compositions où la pierre prend la place de la plante. Un jardin qui ne fane pas, qui ne demande rien, et qui change pourtant d’aspect toute la journée selon l’endroit où on le pose. J’aime bien être entourée de mes réalisations, elles sont moteurs de mon imagination, ainsi se forme un cercle harmonieux pour mon inspiration et l’éveil des sens!